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Histoires ·

Skyline GT-R R32, R33, R34 : la saga Godzilla

Retour en 1989, victoires en série, surnom venu d'Australie, record du Nürburgring : l'histoire des trois Skyline GT-R de l'âge d'or, de la R32 à la R34.

Nissan Skyline GT-R R34 V-spec II bleue vue de trois quarts arrière au crépuscule, ses quatre feux ronds allumés.
Photo : Sebastian Pichard, Licence Pexels

Dans la culture JDM, il y a les voitures, et il y a Godzilla. Le surnom désigne la Nissan Skyline GT-R, et en particulier les trois générations qui ont dominé les années 90 : la R32, la R33 et la R34. Trois voitures, treize ans, un même six-cylindres, et une réputation qui a traversé le monde. Voici comment un monstre est né.

1989 : le retour d'un nom

En mai 1989, Nissan lance la huitième génération de Skyline, la R32. Trois mois plus tard, en août, la marque fait revenir un nom absent des catalogues depuis seize ans : GT-R.

Ce n'est pas une simple finition sportive. La GT-R reçoit un moteur conçu pour elle, le RB26DETT : un six-cylindres en ligne biturbo de 2 568 cm³, qui annonce 280 ch à 6 800 tr/min et 353 Nm à 4 400 tr/min. C'est alors le moteur le plus puissant des voitures japonaises. Pour passer cette puissance au sol, Nissan développe l'ATTESA E-TS, une transmission intégrale pilotée électroniquement : la voiture reste une propulsion dans la plupart des situations, et envoie du couple vers l'avant quand l'arrière commence à patiner.

Et si tu te demandes pourquoi 280 ch pile, la réponse tient en deux mots : gentleman's agreement. La R32 faisait partie des Nissan de 1989 qui visaient 300 ch avant d'être ramenées au plafond.

Un surnom venu d'Australie

Le surnom ne vient pas du Japon. En juillet 1989, le magazine australien Wheels présente la nouvelle GT-R comme un Godzilla : un monstre japonais venu tout écraser. Le mot colle immédiatement.

La suite lui donne raison. En Australie, la GT-R remporte la célèbre course d'endurance de Bathurst en 1991 et en 1992, malgré 140 kg de lest supplémentaire et une limitation de la pression du turbo imposés en 1992. Elle offre aussi le championnat australien de voitures de tourisme à Jim Richards en 1991 puis à Mark Skaife en 1992. Le règlement finit par l'exclure à partir de 1993. Quand une voiture gagne tellement qu'on change les règles pour l'arrêter, le surnom de monstre devient presque un compliment.

29 courses, 29 victoires

Au Japon, la domination est encore plus nette. Dans le championnat japonais de voitures de tourisme, les GT-R R32 de course, dérivées du modèle de série, remportent les 29 courses qu'elles disputent en quatre saisons, de 1990 à 1993. Pas une défaite.

C'est là que se forge la légende : la GT-R de série n'est pas seulement rapide sur le papier, elle descend directement d'une voiture invaincue.

Nissan Skyline GT-R R32 de course bleue en livrée Calsonic, capot ouvert et roues démontées, sur chandelles dans un paddock.
Une Skyline GT-R R32 de Groupe A en livrée Calsonic, photographiée dans un paddock en 2023.Photo : Calreyn88 (Wikimedia Commons), CC BY-SA 4.0, image recadrée

R33 : moins 21 secondes

Le 6 janvier 1995, la R33 prend le relais. Succéder à une voiture invaincue n'a rien d'évident : elle doit prouver qu'elle va plus vite. Nissan choisit un terrain de jeu redoutable : le circuit du Nürburgring, en Allemagne.

La R33 y boucle le tour en 7 minutes 59 secondes. Nissan en fait un argument publicitaire resté célèbre au Japon, la « romance des moins 21 secondes » : le temps gagné par rapport à la R32. Elle est l'une des premières voitures de série à passer sous la barre des huit minutes.

La R33 est aussi la GT-R qui s'ouvre au monde : 100 exemplaires sont exportés officiellement au Royaume-Uni.

R34 : la dernière Skyline GT-R

Le 8 janvier 1999 arrive la R34. Elle reprend le RB26DETT et l'ATTESA E-TS, et se décline en plusieurs versions au fil de sa carrière : V-spec, V-spec II, M-spec et, pour finir, les séries Nür, un clin d'œil au Nürburgring.

C'est aussi la GT-R des couleurs mythiques. D'après The JDM Registry, environ une R34 GT-R sur quatre est sortie en Bayside Blue (2 880 exemplaires), devenu la teinte emblématique du modèle. À l'inverse, seules 68 ont été peintes en Lightning Yellow, et 546 en Midnight Purple (deuxième et troisième versions réunies).

Nissan Skyline GT-R R34 bleue en mouvement sur une route bordée d'arbres aux couleurs d'automne.
Le bleu, la couleur que l'on associe le plus à la R34 GT-R.Photo : WAVYVISUALS, Licence Pexels
Sur la grilleNissan Skyline GT-R R34BNR34 · RB26DETT · 280 ch · 1 560 kgFiche Nissan Skyline GT-R R34

La R34 sera la dernière Skyline GT-R. Sa production s'arrête en août 2002, emportée par une nouvelle norme antipollution, comme la Supra, la RX-7 et la Silvia au même moment. Quand la GT-R revient en 2007, elle a perdu le nom de Skyline.

DuelSkyline GT-R R34 vs Supra A80Le duel Skyline GT-R R34 contre Supra A80

Trois générations, des chiffres qui varient

Combien de GT-R de l'âge d'or ont été produites ? Les sources ne donnent pas exactement les mêmes chiffres, et c'est fréquent pour des voitures de cette époque. Voici les ordres de grandeur :

La R32 est de loin la plus produite, la R34 la plus rare des trois. Sa cote actuelle est sur sa fiche.

Ce qu'il faut retenir

  • Août 1989 : la GT-R revient après seize ans d'absence, avec le RB26DETT et la transmission intégrale ATTESA E-TS.
  • Juillet 1989 : le magazine australien Wheels la surnomme Godzilla.
  • 1990-1993 : 29 victoires en 29 courses au Japon ; Bathurst gagnée en 1991 et 1992.
  • 1995 : la R33 passe sous les 8 minutes au Nürburgring.
  • 1999-2002 : la R34, dernière Skyline GT-R, arrêtée par la norme antipollution.

Sources

  1. A1 Nissan Heritage Collection : Skyline GT-R (R32) (titre traduit) · Nissan (en japonais)
  2. A2 Nissan Skyline GT-R · Wikipédia (EN)
  3. A3 Nissan Skyline GT-R · Wikipédia (JA)
  4. A4 1989 Nissan Skyline R32 GT-R: How Godzilla got its name · Wheels / WhichCar (Angus MacKenzie, 2021)
  5. A5 R32 GT-R : les exemplaires les plus rares (titre traduit) · Auto Messe Web (en japonais)
  6. A6 R34 GT-R colours · The JDM Registry